Pour y voir plus clair...

Psychothérapie (Psukné, âme ; Thérapia, traitement) 
« Est psychothérapeutique toute démarche visant à modifier de façon durable la relation de l’organisme à son milieu en agissant sur le médiateur de cette relation : le psychisme. » (Paul Sivadon – Psychiatre)
La psychothérapie est une technique de soin reposant sur l’écoute du patient. Son indication vise un désordre psychique ou physique ; elle implique de la part du patient une demande de soin et de changement. Un objectif thérapeutique doit être défini.
Une définition de la psychothérapie comprend « toute méthode de traitement des désordres psychiques ou corporels utilisant des moyens psychologiques et, d’une manière plus précise, la relation du thérapeute et du malade. » (Laplanche et Pontalis -  Vocabulaire de la psychanalyse)
La psychothérapie est donc un processus interactionnel conscient et planifié, visant à apaiser des souffrances et influencer les altérations du comportement.

Il existe plus de 400 formes de psychothérapie aujourd’hui, chacune repose sur un des cinq grands courants théoriques qui ont donné lieu à six orientations psychothérapeutiques  et des techniques propres à la méthode. Elles ne sont pas contradictoires mais chacune à son hypothèse du fonctionnement du psychisme ; elles abordent donc le soin de manière différente.

Les grands courants psychothérapeutiques

Le courant psychanalytique est le premier à voir le jour dès le début du siècle avec les travaux de Freud qui abandonne l’hypnose au profit de l’association libre et élabore les bases techniques de la méthode psychanalytique en tant que traitement et moyen d’investigation des processus mentaux qui autrement demeureraient inaccessibles, et d’autre part une théorie du fonctionnement psychique. Il pose les bases de la psychothérapie.

A partir des années 1950, le courant humaniste – existentiel voit le jour avec notamment la psychothérapie existentielle de Binswanger, qui s’inspire des travaux des philosophes Husserl et Heidegger, qui donnera naissance à la psychothérapie humaniste dont  Carl Rogers est le représentant aux Etats-Unis avec la psychothérapie non directive qui postule l’existence d’une tendance humaine positive à tirer des leçons des expériences. Le but n’est pas tant la compréhension du fonctionnement de l’inconscient que l’élargissement de la conscience de soi et le développement du potentiel humain.

Aux Etats-Unis la psychologie s’est constituée comme science expérimentale à la suite des travaux de Watson sur le béhaviorisme, puis ceux de Pavlov sur les notions de conditionnement et de Skinner issus de l’approche cybernétique et donnera naissance au courant comportemental et cognitif

Le courant systémique est lié aux travaux de Bateson et de l’école de Palo Alto qui a développé la clinique des communications intrafamiliales des malades mentaux.

Enfin, depuis les années 1990, le courant multi référentiel tant à s’imposer. Lazarus fut le premier à se référer à plusieurs types de psychothérapies pour créer la psychothérapie multimodale. Bien qu’ayant plusieurs cadres de référence méthodologiques différents, les méthodes de psychothérapie multi référentielle doivent les respecter tout en les associant. Les thérapies actuelles issues de ce mouvement sont les psychothérapies intégratives et éclectiques.

Le courant psychanalytique

Sigmund Freud (1856–1939) a organisé sa conception théorique de la psychanalyse autour d’un ensemble de concepts qu’il a nommé «métapsychologie». Incluant notamment les perspectives topiques avec les notions d’inconscient, de ça, de moi et de surmoi et les plans économique et dynamique des pulsions libidinales. Cette cartographie de l’appareil psychique a révolutionné la psychothérapie de son époque et poursuit encore aujourd'hui son influence sur la psychothérapie contemporaine. « Freud a inventé la seule méthode moderne de psychothérapie fondée sur l’exploration de l’inconscient et de la sexualité » (E. Roudinesco).
Dans la perspective freudienne, la notion de refoulement ancrée sur la nécessité de renoncer au «principe de plaisir » en faveur du « principe de réalité », structure l’économie libidinale et origine les névroses infantiles. C’est l’analyse du transfert établi dans la relation entre le consultant et le psychanalyste qui va en permettre le traitement et la réduction.
 
Pratiquement, la technique psychanalytique se réfère aux notions de cadre, de matériel et de travail interprétatif. Le patient est allongé sur un divan, le psychanalyste derrière lui. Le traitement par la parole, la « talking cure » laisse l’analysant associer librement. La durée de la cure est variable, mais on considère habituellement, qu’il faut compter un minimum de 2 à 3 ans, voire davantage, à raison de plusieurs séances hebdomadaires. La psychanalyse a également donné naissance aux psychothérapies analytiques. Elles reprennent les mêmes présupposés théoriques, mais se déroulent généralement en face à face, sous forme de séances hebdomadaires.
A la suite de Freud, la psychanalyse s’est enrichie de nombreuses théories et de nombreux courants: Adler, Ferenczi, Reich, M. Klein, Winnicott, Lacan, etc.
 
Actuellement en France, plusieurs modifications et techniques dérivées de la psychanalyse se sont développées : consultation psychanalytique, psychanalyse de couple, de famille, de groupe, psychodrame psychanalytique, psychothérapie d’inspiration psychanalytique (PIP), etc.

Le courant humaniste existentiel

Le mouvement humaniste est né aux USA dans le milieu des années 50, sous l’impulsion notamment d’Abraham Maslow, Rollo May, Carl Rogers, Fritz Perls, Wilhem Reich et plusieurs autres ; la plupart fortement influencés par les existentialistes allemands et français : Heidegger, Buber, Binswanger, Sartre, Merleau-Ponty, Gabriel Marcel, etc.
 
Quelques années plus tard, le philosophe américain Marcuse apparaîtra comme l’une des figures marquantes de la vague mondiale de libération humaniste de mai 68. Il dénonçait la "sur-répression" culturelle qui vise à transformer l'homme en "machine" fiable de production sociale, en écrasant la vie émotionnelle et corporelle, la spontanéité et la créativité individuelles.
Il s'agissait donc de "remettre l'homme au centre de la psychologie", devenue de plus en plus scientifique, froide et déshumanisée. L'objectif était de créer une "Troisième Force", permettant de se démarquer à la fois des deux impérialismes envahissants : la psychanalyse et le comportementalisme. En traitant l'homme en produit conditionné par sa première enfance, son environnement familial et social, ou sa biochimie cellulaire, ces deux disciplines étaient accusées de l'avoir réduit à un objet d'études, au lieu de lui conférer le statut de sujet, libre de ses choix et de sa croissance.
 
La Psychologie Humaniste ne fait pas l'objet d'une définition rigoureuse. Il s'agit d'une orientation, d'une tendance générale qui, par principe, demeure "ouverte" pour pouvoir s'adapter à l'évolution des valeurs. Elle refuse de se figer dans une doctrine trop précise qui ne manquerait pas de sombrer, après bien d'autres, dans un dogmatisme rigide, rapidement condamné à devenir anachronique. Qu'y a-t-il donc de commun entre les méthodes de psychothérapie humanistes, appelées parfois « Nouvelles Thérapies », ou désignées encore sous le terme de «Mouvement du Potentiel Humain » ?
 
L’objectif des méthodes humanistes est de rendre à l'homme toute sa dignité :
  • son droit au respect de ses cinq dimensions principales : physique, affective, cognitive, sociale et spirituelle ;
  • son droit à valoriser son corps et ses sensations, à satisfaire ses besoins vitaux fondamentaux, à exprimer ses émotions ;
  • son droit à construire son unicité, cela dans le respect de la spécificité de chacun (droit à la différence) ;
  • son droit à s'épanouir et réaliser tout son être, sans se limiter à l'avoir et au faire, à élaborer ses propres valeurs individuelles, sociales et spirituelles.
Ce paradigme nourrira le mouvement humaniste d'antipsychiatrie, né dans les années 60 en Angleterre (Laing, Cooper), qui a ensuite gagné la France et l’Italie (Bassaglia), en contribuant au courant mondial de désinstitutionalisation de la psychiatrie (traitements ambulatoires, dispensaires).
 
Aujourd’hui, on considère que plus de 50 % des psychothérapies pratiquées en Europe sont de type humaniste ou existentiel. Elles sont habituellement de durée moyenne (de un à trois ans) et mettent en valeur l’harmonisation de la personne globale, sans négliger pour autant la réduction de symptômes précis. Elles se déroulent soit en séances individuelles, soit dans le cadre d’un groupe.

Le courant cognitivo-comportemental

Les thérapies cognitivo-comportementales (TCC) reposent sur le postulat que "l'important n'est pas ce qui nous arrive, mais la manière dont on le prend" (H. Selye). De la même façon, nous pouvons dire que les "difficultés psychologiques" sont dues à notre façon de penser et à la perception des événements qui nous arrivent, qu'il est possible d'apprendre à les modifier, que cette modification va avoir des effets bénéfiques sur nos pensées, nos comportements et les émotions qui en dépendent (C. André).
La thérapie cognitivo-comportementale s'adresse donc d’abord aux fonctions mises en jeu par le rapport du sujet à lui-même et à son environnement à travers la prise en compte de ses cognitions et de ses comportements verbaux et non-verbaux.
 
Les TCC, si l’on exclut les fondements philosophiques proches des stoïciens (Sénèque et Epictète préconisaient déjà de cultiver la sérénité par le travail sur les tensions intérieures et un rapport à la souffrance basé sur une position psychologique faite d’impassibilité, de regard critique et distancié), s’originent plus près de nous, en grande partie dans le courant behavioriste avec notamment les travaux de B. F. Skinner sur le comportement opérant.
L’originalité de ces approches psychothérapiques se situe dans l'orientation de la démarche marquée par une intervention directe du psychothérapeute sur la validité du processus de pensée en jeu dans l'expression de la difficulté du sujet, et l'effet de ce processus dans tous les aspects de sa vie.
Les thérapies cognitivo-comportementales procèdent d'une structure d'intervention spécifique comprenant une analyse de la problématique selon deux axes, synchronique et diachronique. Elles considèrent ainsi, à la fois ce qui se passe au moment même de l'événement troublant, et la façon dont cet évènement s'inscrit au travers du temps et de l'histoire du sujet.
 
Une évaluation de certains paramètres en rapport avec la problématique de la personne est faite avant, pendant, et après l'intervention thérapeutique de façon à mettre en évidence les changements cognitifs et comportementaux de l'intervention.
Une stratégie thérapeutique est élaborée à partir de ces diverses analyses, et un temps d'intervention (nombre de séances) est déterminé, notamment pour limiter l'intervention du psychothérapeute et impliquer le sujet dans son devenir thérapeutique.
 
Dans l'approche cognitivo-comportementale, le psychothérapeute intervient selon plusieurs axes actifs et interactifs :
  • l'interventionnisme, pour questionner, reformuler, commenter, mettre en doute certains aspects des cognitions du sujet et leur logique interne ;
  • la créativité thérapeutique, pour créer des outils, des prescriptions de tâches par exemple, en fonction de la nature, de la problématique et du déroulement de la thérapie, à partir de l’observation des modifications comportementales du sujet ;
  • la pédagogie, pour expliquer certains aspects fonctionnels de la pensée, certains liens entre pensées, émotions et comportements, notamment ceux des systèmes d'auto-renforcement négatifs et positifs et pour enseigner le cas échéant une façon de modifier ces pensées et ces comportements.
Le psychothérapeute intervient également sur un mode "socratique", "maïeuticien", pour faire advenir chez le sujet de nouvelles possibilités cognitives, émotionnelles et comportementales à travers l'échange relationnel.
Les thérapies cognitivo-comportementales, avec des processus très structurés, permettent de faire advenir la parole libérée du sujet, et de le rendre à l'orientation de son désir propre.

Le courant systémique

La thérapie systémique est largement issue des recherches de l’école de Palo Alto en Californie, dans les années 1950-1970 et particulièrement des travaux de Gregory Bateson, Paul Watzlawick, Don Jackson, Jay Haley, Richard Weackland, portant notamment sur la communication et le changement. Elle a également été influencée par deux grands courants de la psychanalyse : le premier étant celui de la psychanalyse d’enfant avec la prise en compte des relations familiales (Anna Freud) et le second, celui de l’orientation culturaliste de la psychanalyse post-freudienne (Fromm, Sullivan).
 
Cette méthode de psychothérapie est fondée sur la notion de système considéré comme un «ensemble d’éléments en interaction dans la poursuite d’une ou plusieurs finalités spécifiques ». Une cellule, une personne, une famille une entreprise constituent autant de systèmes.
Le psychothérapeute systémique ne s’attache donc pas tant à rechercher dans l’histoire, le passé et les processus intrapsychiques du patient les causes de ses dysfonctionnements actuels qu’à susciter un changement dans « l’ici et maintenant » étant entendu que tout changement (portant par exemple sur un comportement précis) entraîne un ensemble de modifications en chaîne.
 
La psychothérapie familiale, dont Mony Elkaïm est un des principaux représentants, constitue aujourd'hui une des applications les plus répandues de ces principes. La famille est considérée comme une unité, un système et le patient comme le porteur de symptômes du système familial. Il s’agit alors d’appréhender la fonction du symptôme à l’intérieur du groupe, de comprendre en quoi, notamment, il protège son équilibre global (place de chacun, répartition des rôles et des tâches, existence de sous-systèmes, frontière entre générations…).
Le processus psychothérapeutique vise à rompre avec ce "cercle vicieux". Dans cet objectif, la psychothérapie systémique insiste donc sur l’importance des règles qui régissent les interactions des membres de la famille afin d’agir dessus pour les modifier.
 
Le psychothérapeute est actif et peut proposer des actions sous la forme d’injonctions thérapeutiques, de prescriptions, de tâches comportementales, de recadrages visant à agir et à modifier la perception d’une situation. Le processus se déroule sous la forme d’entretiens collectifs impliquant souvent deux thérapeutes et un nombre de séances fixé au départ.

Le courant multi référentiel

Par définition, la psychothérapie multi référentielle utilise plusieurs cadres de référence et plusieurs méthodes qu’elle associe, en respectant certaines règles, notamment au niveau du praticien qui doit :

  • Avoir une formation de base dans les méthodes utilisées qui serve de socle et d’ancrage à la pratique.
  • Bâtir une synthèse cohérente qui apporte l’articulation nécessaire entre les différentes méthodes, en fonction des besoins spécifiques des consultants.
  • Structurer un parcours professionnel dans une perspective de formation continue. Le praticien qui se forme à différentes méthodes, le fait en tenant compte à la fois de sa curiosité et de ses lacunes.
De fait, très peu de psychothérapeutes pratiquent une seule méthode dans sa version « pure ». La plupart réalisent un ajustement en fonction de leur expérience et de leur sensibilité.
 
Plusieurs méthodes étant reliées ensemble dans la psychothérapie multi référentielle, il existe dans ce cadre plusieurs types de psychothérapies, suivant les méthodes choisies. Tel type intègre psychanalyse et méthode émotionnelle/corporelle, tel autre une approche corporelle/émotionnelle avec une méthode comportementaliste, etc. Bien qu’ayant plusieurs cadres de référence méthodologiques différents, les méthodes de psychothérapie multi référentielle doivent les respecter tout en les associant.
Dans un autre cas de figure, les méthodes de psychothérapie intégrative rassemblent, dans un seul et même cadre de référence, des concepts et des techniques venant de plusieurs méthodes et les organisent dans un ensemble cohérent. La première tentative de psychothérapie intégrative fut celle du Docteur Roberto Assagioli (1888-1974) qui a créé la Psychosynthèse. Par la suite, celle-ci est devenue une méthode en elle-même. Charles Baudoin, élève de Jung, a aussi créé une psychothérapie intégrative.
 
Dans les deux cas de figure cités, il y a la nécessité d’une cohérence méthodologique. L’association de deux ou plusieurs méthodes de psychothérapie exige une articulation interne dans leur combinaison qui tienne compte de leurs contradictions et contre-indications éventuelles. 

Les principales orientations actuelles des psychothérapies

Les psychothérapies psychanalytiques d’interprétation
L’interprétation vise à mettre en évidence, par l’investigation analytique, le sens latent dans le discours et dans les conduites d’un sujet. L’interprétation met au jour les modalités du conflit intrapsychique et le désir qui est présent dans toute production de l’inconscient, l’interprétation est une communication faite au sujet pour le faire accéder au sens latent. Ces psychothérapies comprennent :
  • la psychanalyse,
  • les psychothérapies d’inspiration psychanalytique (PIP),
  • la psychosomatique,
  • le psychodrame psychanalytique.
Les psychothérapies de prescription
Elles indiquent ou suggèrent une manière d’agir, de penser ou de se comporter. Ces psychothérapies comprennent :
  • les psychothérapies cognitives et comportementales,
  • la programmation neurolinguistique (PNL),
  • l’analyse transactionnelle.
Les psychothérapies d’expression
Elles permettent d’exprimer les émotions, les sentiments, le vécu corporel ou psychique au thérapeute dans le cadre de la communication qui s’établit avec lui. Dans les techniques de relaxation, l’approche est centrée sur le corps qu’il s’agit de relaxer pour alléger les tensions psychiques. Ces psychothérapies comprennent :
  • l’hypnose,
  • le psychodrame de Moreno,
  • la gestalt-thérapie,
  • la psychothérapie de Rogers,
  • les thérapies psychocorporelles (sophrologie, EFT).
Les psychothérapies de soutien
La psychothérapie de soutien est une forme apparemment simple, considérée à tort comme mineure de l’exercice de la psychothérapie que tout professionnel de santé, médecin ou non, sait implicitement utiliser dans sa formation préalable. Elle fait plus appel à la confrontation et à la clarification qu’à l’interprétation. Il s’agit d’une compréhension empirique, pragmatique et teintée d’humanisme. L’intervention directe auprès de l’entourage n’est pas exclue, et l’on peut recourir à l’explication, à l’encouragement et au réconfort.
 
Les psychothérapies familiales et systémiques
Bateson en 1956 a été précurseur en s’intéressant à la clinique des communications intrafamiliales. Il a réalisé une sorte de synthèse entre les apports de l’éthologie, des sciences de la communication et de la cybernétique pour aboutir à la notion de système : il s’agit d’un déterminisme non réductible à la somme de ses composants. La pathologie n’est plus réduite à l’individu mais cherche à situer l’origine de la souffrance dans les dysfonctionnements sociaux et familiaux, contrairement au premier modèle de thérapie familiale qui considérait la famille comme un ensemble dont le dysfonctionnement amenait à « désigner » l’un des membres comme porteur du symptôme.
 
Les psychothérapies de groupe
En dehors du psychodrame et des thérapies psychocorporelles qui font souvent appel au dispositif groupal, les psychothérapies de groupe ont été introduites par Bion pendant la seconde guerre mondiale en Angleterre puis très largement développées tant en Europe qu’aux États-Unis. Elles sont particulièrement indiquées en cas de pathologie complexe, non névrotique et ont connue en France un développement majeur avec Anzieu et Kaës.

Les principales techniques de psychothérapie

Classification des principales techniques ou méthodes de psychothérapie en fonction de 5 grands courants de la psychothérapie actuelle :
 
Analytique
  • Psychanalyse : (Freud, Lacan, etc.) Le client est étendu sur le divan et l’analyste est assis derrière, hors de la vue du patient - qui projette ainsi sur lui des sentiments refoulés ou inconscients, liés souvent à sa première enfance. 
  • Psychothérapie d'inspiration psychanalytique (PIP) : (Freud, Jung, Adler, Klein, Lacan, etc.) : psychothérapie en face à face, basée sur les principes psychanalytiques (importance de l’inconscient, de la sexualité, du refoulement, des traumatismes infantiles, du transfert, etc.) mais cadre plus souple et séances moins fréquentes. 
  • Psychosomatique : (Fain, Marty, De M'Uzan) la visée principale est d'intégrer la pathologie somatique à l'ensemble des moyens dont dispose un sujet pour réguler son homéostasie. Une part de l'excitation pulsionnelle échappe à l'élaboration mentale. Si cette énergie n'est pas suffisamment évacuée en actions ou comportements autocalmants, elle se décharge dans le corps qui somatise. Ce corpus thérapeutique et technique issu de la psychanalyse, étend son champ d'application aux maladies du corps réversibles ou non. 
Humaniste – Existentiel
  • Analyse bioénergétique : (Lowen) qui vise à débloquer la « cuirasse corporelle ».
  • Analyse transactionnelle : (Berne) l’AT analyse les transactions psychologiques et les « jeux » inconscients entre les personnes, prenant en compte leurs « états du moi » (Parent, Adulte, Enfant) et leur « scénario de vie » inconscient construit à partir de décisions prises dans le passé. Approche à la fois cognitive, émotionnelle et comportementale, l’AT vise à responsabiliser le client avec un contrat thérapeutique qui fixe les objectifs de la thérapie. 
  • Analyse Psycho-Organique : (Boyesen) association d’une approche psychanalytique et d’un intérêt porté au corps. Cette approche prend en compte l’aspect relationnel avec le psychothérapeute (notion de transfert). Les outils d'intervention comprennent la parole, l’analyse des rêves, le travail corporel, la respiration, le mouvement et la créativité.
  • Art-thérapie : l’objectif est de permettre un travail thérapeutique à partir du matériel plastique et du jeu des associations d’idées, des émotions, des affects, des éprouvés amenés par ce matériel.  L’œuvre plastique est un objet de médiation considéré comme un support à la relation thérapeutique. Aucun talent artistique ni aucune habiletés particulières ne sont requis pour pouvoir bénéficier pleinement de l’art-thérapie. 
  • Emotional Freedom Techniques (EFT) : (Craig) (littéralement : « Techniques de liberté émotionnelle») c'est une pratique psycho-corporelle qui  a pour but d’alléger les souffrances émotionnelles et psychologiques des personnes. Elle se pratique par la stimulation de points situés sur le trajet des méridiens répertoriés par la médecine chinoise, d’où cette appellation de technique dite «méridienne».
    L’EFT vise à rétablir et éliminer les perturbations dans le système énergétique du corps en vue de transformer sa santé émotionnelle. Elle est surtout utilisée en psychothérapie et en coaching.
  • Gestalt-thérapie : (Perls) approche globale de l’individu selon les 5 principales dimensions de l’être : physique, affective, cognitive, sociale et spirituelle - ou, en d’autres termes, interaction permanente entre le corps, le cœur, la tête, l’environnement social et l’idéologie sous-jacente de chacun (le sens de sa vie). Travail à la fois verbal et corporel, sur le contact, ses évitements et ses ruptures et sur l'analyse de la relation actuelle avec le thérapeute.
  • Hypnothérapie (hypnose classique, hypnose éricksonienne, sophrothérapie) : (Milton Erickson) : travail sur les états de conscience modifiés permettant de mobiliser les souvenirs enfouis et les ressources profondes de l’inconscient. Le client demeure conscient et choisit lui-même parmi des « injonctions paradoxales ».
  • Programmation Neuro-Linguistique (PNL) thérapeutique : (Grinder et Bandler) recherche de « l’excellence » dans la communication par les différents canaux de contact : visuel, auditif, kinesthésique, etc. Ajustement du langage à celui de l’autre. Thérapie brève, visant surtout un changement du comportement ou la sédation d’un symptôme (phobies, etc.).
  • Psychodrame : (Moreno) mise en scène théâtrale de la vie du client : situations passées, actuelles ou futures (espérées ou redoutées), avec participation des membres du groupe qui tiennent les différents rôles évoqués par le protagoniste principal.
  • Psychologie de la motivation : (Diel) réhabilitant l’introspection et le dialogue, dans une vision évolutive, il distingue un « sur-conscient » constructif du « surmoi » répressif.
  • Psychosynthèse : (Assagioli) approche intégrative, issue de la psychanalytique jungienne, incluant le corps, les émotions, l’intellect et la dimension spirituelle.
  • Psychothérapie centrée sur la personne : (Rogers) écoute active, avec reformulation des dires du client. Le thérapeute se veut «non directif», dans une attitude d’acceptation inconditionnelle de l’autre, dans sa différence et sa singularité. 
  • Psychothérapie interpersonnelle (TIP) : (Klerman) initialement développée pour le traitement de la dépression, c'est un traitement limité dans le temps qui encourage le patient à regagner le contrôle de son humeur et de son fonctionnement. Elle est fondée sur des principes communs en psychothérapie incluant l'établissement d’une alliance thérapeutique dans laquelle le thérapeute engage son patient de manière empathique, l'aide du patient à se sentir compris, et facilitation de l'expression de ses émotions. Elle choisit de s'intéresser au lien interpersonnel et à la façon dont on peut aider le patient à améliorer son entourage social dans le but de guérir la dépression.
  • Psychothérapie existentielle : (Jaspers, Husserl, Heidegger, Sartre, Binswanger, Yalom) la thérapie existentielle, contrairement au modèle Freudien ne considère pas les pulsions comme base de toutes névroses et lui substitut les enjeux ultimes que sont la mort, la liberté, la solitude et le besoin de sens. Cette façon de voir les choses met l’angoisse de mort au centre en lieu et place de la pulsion sexuelle. On peut se demander d’ailleurs si la pulsion sexuelle n’est pas une pulsion de vie qui s’oppose au processus de vieillissement et de mort. Cette angoisse de mort serait suffisamment intense pour susciter des mécanismes de défenses très forts et un déni généralisé. Ce déni expliquerait d’ailleurs pourquoi l’angoisse de mort est si souvent occultée dans les travaux de psychanalyse et de psychothérapie.
  • Psychothérapie transpersonnelle : (Maslow, Grof, Jung, Assogioli) considérée comme une nouvelle vague en psychologie, elle intégre les données philosophiques et pratiques des grandes traditions spirituelles (religions et chamanisme), ainsi qu’une étude approfondie des états modifiés de conscience.
  • Sexothérapie : (Masters, Johnson) elle part du princique que la majorité des problèmes sexuels viennent d’un mauvais conditionnement ou mauvaises habitudes que le corps a « enregistré » depuis le début des rapports sexuels, ou par la suite, pour de multiples raisons.
  • Sophrologie : (Caycedo) c'est une méthode psychocorporelle qui s’inspire de l’hypnose, mais également de techniques orientales comme le Yoga ou le Zen. La sophrologie plonge la personne dans un état de semi-conscience qui lui permet alors se concentrer sur un besoin bien spécifique. Elle repose sur la respiration, la détente physique et psychique, la visualisation et la pensée.
  • Sophia-analyse : (Mercurio) travail psychanalytique s'appuyant sur Freud et les grands courants psychanalytiques, ainsi que sur un travail existentiel inscrit dans la relation de la personne avec elle-même et l’autre, où la spiritualité et l'art de la vie se conjuguent afin de donner un sens profond à son existence.
Cognitivo-comportemental
  • Hypnothérapie (hypnose classique, hypnose éricksonienne, sophrothérapie).
  • Thérapie cognitivo-comportementale : (Pavlov, Skinner) déconditionnement progressif (ou par « immersion » plus intensive), vise essentiellement la disparition des symptômes, tels que les phobies, les troubles obsessionnels-compulsifs (TOC), certaines somatisations, etc. Thérapies souvent assez brèves. Clarification des mécanismes de défense et modifications des croyances. Exercices à reprendre à la maison, entre les séances. 
 Systémique
  • Thérapie familiale et systémique : (nombreux courants) : au lieu de traiter isolément le « patient désigné », on traite la famille dans son ensemble comme un « système » global de communications et d’habitudes. Séances collectives, souvent avec deux thérapeutes, séances en nombre limité (par exemple, 10 à 20 séances, espacées d’un mois). 
 Multi référentiel
  • Psychothérapie multi référentielle : Certaines approches éclectiques, intégratives ou multi référentielles combinent plusieurs méthodes, par ex. : AT et Gestalt, Thérapie émotionnelle et primale, Gestalt et psychodrame, Psycho-drame et psychanalyse, etc.
  • Thérapie multimodale : (Lazarus)  le choix des techniques et la séquence des interventions sont déterminés en fonction du profil du patient, établi en appliquant un modèle d’évaluation multidimensionnelle.
  • Psychophérapie intégrative et éclectique : (Chambon, Marie-Cardine) intégration de différentes techniques théapeutiques s'appuyant sur les facteurs communs à toutes les psychothérapies.

Emotional Freedom Techniques (EFT)

Technique de libération émotionnelle, en français, c'est une sorte d'acupuncture psychologique sans aiguilles, une technique de guérison émotionnelle fondée par Gary Graig en 1991.

Gary Graig, ingénieur de Stanford, passionné de psychologie, à la recherche de techniques qui donnent des résultats, s'est intéressé à la TFT (Thought Field Therapy ou Thérapie de Champs de pensées) mise au point par Roger Callahan en 1980. Après avoir suivi sa formation, Gary Graig met au point et développe à son tour l'EFT, méthode plus simple et plus rapide. Cette thérapie peut être appelée thérapie psycho-corporelle ou méridienne car elle utilise les méridiens d'acupuncture. Elle est basée sur le principe fondamental suivant : "La cause des émotions négatives est une perturbation du système énergétique du corps".

Cette méthode est efficace, simple à enseigner et à apprendre, ludique et rapide. Elle produit des résultats pérennes la plupart du temps et apporte un soulagement là où d'autres thérapies ont échoué. Elle complète utilement d'autres techniques telles que la sophrologie ou la PNL. L'EFT est particulièrement adaptée pour la résolution de toutes les émotions négatives telles que les peurs, les états de stress, la mélancolie, la dépression, le dégoût, la culpabilité, la honte, la faible estime de soi, l'anxiété, etc. Elle permet également de solutionner des problèmes physiques (maladies de peau, douleur, surpoids, etc.), les addictions (alcool, tabac, drogue, nourriture) ainsi que les TOC, le bégaiement, etc.

Il s'agit de tapoter doucement et de façon répétée avec les doigts certains points spécifiques situés sur nos méridiens. En tapotant ainsi, tout en pensant à ce qui nous dérange, on équilibre les méridiens perturbés. Vous conservez la mémoire de l'évènement qui vous a dérangé, mais n'en ressentez plus la charge émotive qui l'accompagnait. C'est dire comme cette méthode peut trouver de nombreuses utilisations. Les enfants l'adorent car elle les aide à gérer de nombreux petits maux au quotidien : peurs ou phobies (du noir, des araignées, de l'école...), colères, moqueries, anxiété de séparation, pipi au lit,.. Son efficacité est sans pareil d'une rapidité époustouflante.

Hypnose

L’hypnose désigne un état modifié de conscience ainsi que les techniques permettant de créer cet état et les pratiques thérapeutiques utilisées pendant cet état. Il s’agit d’un état modifié de la conscience qui s’apparente beaucoup à celui du sommeil pendant lequel l’esprit visualise des images qui deviendront de plus en plus réalistes jusqu’au point où l’on peut considérer que l’individu rêve véritablement.
L’hypnose n’est pas sous-tendue par une théorie unique. Elle est d’abord et avant tout une pratique, un outil mis ici au service de la thérapie. Ainsi, elle peut s’intégrer facilement à toute approche psychothérapique : approche humaniste, psychanalyse, thérapies cognitives et comportementales, thérapies brèves, transpersonnelles, systémiques, etc. L’hypnose est considérée par ses praticiens à la fois comme un amplificateur et un accélérateur de thérapie. Ce serait un moyen d’accéder aux ressources inconscientes, de contourner les blocages et de permettre l’émergence de nouveaux comportements plus créatifs pour la vie du sujet.
 
L’hypnose a fécondé de nombreuses approches thérapeutiques, directement ou non. Elle a été utilisée par Sigmund Freud à ses débuts, auprès de patientes hystériques dans la tentative de « retrouver » l’évènement traumatique supposé à l’origine des troubles. L’hypnose est aussi à l’origine de la sophrologie que d’autres techniques de relaxation. L’hypnose est aujourd’hui un des outils du psychothérapeute. Les indications sont très larges et concernent en fait une très large gamme des problématiques humaines, psychologiques et somatiques : angoisses, troubles névrotiques, arrêt du tabac, perte de poids, stress, énurésie, insomnie  phobies, allergies, traumatismes, deuils, tocs (troubles obsessionnels compulsifs), timidité… mais aussi, anesthésie hypnotique, préparation mentale (chirurgie, sport, examen), résolution de conflit, apprentissages, développement personnel, etc. Les contre-indications sont les  troubles psychotiques. 

L’hypnose ericksonienne est issue de la pratique de Milton Erickson (1901-1980). Caractérisée par une approche souple, indirecte (métaphores) et non dirigiste, cette forme d’hypnose a donné naissance à de nombreux courants de psychothérapie moderne : thérapie familiale, thérapie brève (stratégique, systémique), programmation neuro-linguistique (PNL), thérapies familiales… Pour Milton Erickson, l’inconscient est profondément bon et puissant. Il se révèle une puissance bienveillante avec laquelle l’état hypnotique doit permettre de coopérer. L’inconscient est capable de mobiliser des ressources intérieures, des potentialités susceptibles de conduire aux changements désirés. L’hypnose ericksonienne a pour but d’amener conscient et inconscient à travailler ensemble pour déclencher les changements utiles à la résolution du problème. Utilisée en psychothérapie, elle se situe dans une optique courte : trois à dix séances, sur une durée de quelques semaines à quelques mois sont suffisantes, même pour des problèmes lourds et, cela sans « rechute » ou « substitution de symptôme ».

Naturopathie

La  naturopathie  est  une  médecine  non  conventionnelle  qui vise  à  équilibrer le  fonctionnement  de  l'organisme  par  des   moyens  jugés « naturels » : régime alimentaire, hygiène de vie, phytothérapie, massages, exercices, etc. Le terme aurait été inventé par John Scheel en 1885. Il vient du latin natura, « la nature, l'essence » et du grec πάθος, pathos, « la maladie, le mal ». Devant l'étymologie inhabituelle du terme (il pourrait en effet être lu comme « la maladie de la nature »), certains promoteurs de cette pratique lui ont donné une autre origine, le « chemin de la nature », issue des mots anglais nature et path, le « chemin » ou « le mal étudié en fonction de la nature ». Pour les mêmes raisons, d'autres praticiens ont choisi le terme de « naturothérapie » le « soin par la nature ».

Pour l'association de la fédération française de naturopathie, « la naturopathie est la science fondamentale englobant l’étude, la connaissance, l’enseignement et l’application des Lois de la vie afin de maintenir, retrouver et optimiser la santé par des moyens naturels ». La naturopathie repose sur les dix agents naturels de santé fondés sur le principe de l'énergie vitale de l'organisme. Fondée sur une vision dite holistique, elle affirme appréhender chaque individu en englobant les différents plans de l’être humain - physique, émotionnel, psychique, énergétique, et en le plaçant au sein d’une écologie socio-culturelle et environnementale.

Cette méthode s'appuie sur la théorie des humeurs, doctrine hippocratique du Ve siècle av. J.-C., qui déclare que la maladie est avant tout due à un déséquilibre des humeurs de l'organisme (sang, lymphe, bile, liquide céphalo-rachidien). Les naturopathes ont traduit ce déséquilibre (une humeur dominant les autres) par le concept d'encrassement des humeurs ou de surcharge humorale. Selon eux, les symptômes pathologiques (toux, fièvre, éruptions, etc.) sont des crises de purification humorale et d'élimination toxique. La naturopathie aurait le pouvoir d'aider cette purification. La naturopathie mise beaucoup sur l'auto-guérison, mais avec cette nuance que la force vitale de la personne doit être suffisante pour la provoquer. Le pôle d'action principal du naturopathe est le drainage, tant « psycho-émotionnel » que physiologique et humoral. Mais le véritable champ d'action de la naturopathie est la prévention, par l'adoption d'un ensemble de techniques naturelles permettant de suivre une meilleure hygiène de vie, pour la personne qui s'y exerce, et de se maintenir à un tel niveau de santé que les dites «maladies» n'ont pas ou peu de prise sur sa personne.

La naturopathie repose sur dix techniques principales  classées comme suit :

  • l’alimentation ou hygiène nutritionnelle (diététique, nutrition, cures saisonnières),
  • la psychologie ou hygiène neuropsychique (relaxation, gestion du stress, hygiène relationnelle, relation d’aide, psychothérapies brèves, sophrologie),
  • les exercices physiques ou hygiène musculaire et émonctorielle (gymnastiques douces, culture physique, yoga, stretching, danse, arts martiaux, bicyclette, natation).

Ces trois premières techniques, dites majeures, sont considérées ainsi comme nécessaires et suffisantes à l’entretien de la santé.

Dans certains cas, la situation de santé implique toutefois d’avoir recours à d’autres outils hygiéniques ou thérapeutiques, à savoir les sept techniques secondaires suivantes :

  • l’hydrologie (utilisation de l’eau chaude, froide, tiède, alternée, locale, générale, interne, externe, douches, bains, thalassothérapie et thermalisme, argiles),
  • les techniques manuelles, jadis nommées chirologie, (massages non médicaux de type californien, coréen, Amma, onctions aromatiques),
  • les techniques réflexes ou réflexologie (appliquées au pied, à l’oreille, au nez, dos, … ; shiatsu, méthodes de Knap, Jarricault),
  • les techniques respiratoires, jadis nommées pneumologie, sont empruntées au yoga, aux arts martiaux, à la méthode de Plent ou de Jacquier, ionisations),
  • la phytologie utilise les plantes revitalisantes, drainantes, adaptogènes et les huiles essentielles,
  • les techniques énergétiques ont recours aux différentes formes de magnétisme, notamment grâce aux aimants,
  • et les techniques vibratoires, également nommées actinologie, utilisent des couleurs, des rayonnements solaires et lunaires, de la spectroscopie infrarouge ou d'une gamme musicale.
La naturopathie est une démarche active qui implique directement le sujet et le considère comme l’acteur de sa santé. La naturopathie n'intervient pas dans les troubles ou maladies graves et peut trouver ses limites dans certaines affections aiguës qui se sont installées sur un terrain mal préparé. Dans ce cas précis, l’action naturopathique consistera à inverser ou modifier la nature du terrain. Le naturopathe effectuera un bilan vital, unique et personnel, respectant les caractéristiques physiques, physiologiques et psychologiques du patient qui sera pris en charge dans sa globalité, grâce au dialogue instauré par le thérapeute et à son conseil. 

Programmation Neuro-linguistique (PNL)

La PNL a été initiée au début des années 70 par John Grinder et Richard Bandler qui ont observé et modélisé la pratique de grands thérapeutes qui avaient des résultats remarquables. Principalement : Milton Erickson, père de l'Hypnose Ericksonnienne ; Fritz Perls, créateur de la Gestalt-Thérapie et Virginia Satir, pionnière de la Thérapie Familiale et Systémique.

La PNL qui s'inscrit dans la continuité du travail de recherche de l'École de Palo Alto, propose des modèles de communication et de changement pour atteindre ses objectifs en accord avec ses valeurs et ses buts de vie. Elle s'intéresse à ce qui se passe au niveau des processus mentaux, des émotions et des comportements. Pour la PNL, l'idée que l'Homme n'agit pas à partir des propriétés objectives de son environnement, mais bien à partir d'une représentation qu'il s'en fait et qu'il crée, a des racines qu'il peut-être utile de clarifier. En effet, les croyances limitantes que la personne cultive de manière inconsciente sur elle-même et sur son environnement peuvent générer un état de souffrance et des comportements dysfonctionnels. La thérapie va s'attacher à les modifier en s'appuyant sur des outils et des techniques qui aident à développer des comportements de réussite. De la famille des thérapies brèves, elle privilégie en premier lieu (mais pas seulement) le " comment " au " pourquoi " et propose avant tout de mobiliser les ressources.

Programmation : Le mot programme fait référence à l'ensemble de nos automatismes, qu'il s'agisse d'automatismes cognitifs, émotionnels ou comportementaux. A partir de nos expériences, nous créons des processus de fonctionnement, des habitudes, c'est à dire des façons de penser, de ressentir et de nous comporter.
Neuro : Le mot neuro fait référence aux neurones, à notre système nerveux central et notre système nerveux périphérique qui sont aux commandes. Nos programmations reposent sur notre capacité neurologique à percevoir, stocker, organiser l'information pour donner un sens à notre expérience.
Linguistique : Le langage nous permet de communiquer, il structure notre pensée, il véhicule notre culture. Le langage permet de décoder et de transcrire notre expérience, par des mots, notre manière de parler ainsi que par notre langage corporel.

Véritable " mode d'emploi du cerveau ", elle s'appuie sur l'étude et l'utilisation des procédés cognitifs, afin de réajuster les représentations, pensées et comportements qui limitent une personne, et ainsi l'orienter vers le mieux-être et le mieux-vivre. Utilisée en psychothérapie, elle offre des outils qui excellent en matière de communication, de développement personnel et de thérapie brève.

Psychosomatique

La psychosomatique part de l'homme malade et de son fonctionnement psychique pour comprendre les conditions dans lesquelles a pu se développer un symptôme somatique. Le terme de symptôme psychosomatique désigne un trouble ou une maladie dont l'origine est liée à un conflit psychique, une programmation négative ou un stress émotionnel intense qui se répercute, s'inscrit ou s'exprime dans ou à travers le corps. On regroupe sous le terme psychosomatique tous les troubles somatiques qui comportent dans leur déterminisme un facteur psychologique intervenant de façon essentielle dans la genèse de la maladie. On doit observer des altérations anatomo cliniques, ou biologiques (ce qui veut dire qu'il doit y avoir présence d'une lésion dans le corps).

Le mot "psychosomatique" a été utilisé pour la première fois au 19ième par un médecin allemand du nom de Johann Christian Heinroth (1773-1843). En fait l'influence du mental sur le corps a toujours été connue, il y a plus de 2000 ans, le grand philosophe Platon (427-347 av JC) en parlait déjà et le père de la médecine Hippocrate (460-370 av JC) exhortait ses élèves à soigner d'abord la cause première de la maladie puis la cause de la cause et enfin si possible la cause de la cause de la cause. Au 16ième siècle le médecin de génie Paracelce (1493-1541) constata à son tour les liens entre l'esprit, le corps et la maladie. Wilhelm Reich (1897-1957), assistant de Sigmund Freud (1856-1939) à la polyclinique de Vienne, a mis en évidence le fonctionnement unitaire de l'organisme depuis les plus hauts sentiments jusqu'aux plus profondes réactions biologiques. Une autre découverte de Wilhelm Reich sur l'unité et l'interaction psychosomatique est le fait que non seulement les émotions refoulées s'inscrivent dans le psychisme mais également dans le corps.

Malgré cette connaissance la médecine occidentale classifia les maladies sur le modèle dualiste aristotélicien, en considérant la maladie soit comme un trouble physique soit comme un désordre mental. Actuellement cette vision évolue et de plus en plus de chercheurs considèrent qu'une grande partie des maladies sont psychosomatiques et résultent d'une multiplicité de facteurs étiologiques.

La thérapie psychosomatique est conçue comme complémentaire des thérapeutiques médicales et chirurgicales classiques et vise à permettre au patient malade de retrouver ou de trouver son meilleur niveau de fonctionnement psychique possible.

Psychothérapie existentielle

La thérapie existentielle d’Irvin Yalom. Irvin Yalom considère que « nous sommes des créatures essentiellement attachées à la recherche du sens », et que « la raison d’être de la psychothérapie est toujours cette souffrance existentielle – et non pas, comme on l’affirme souvent, le refoulement des impératifs sexuels ou les épines encore aiguës d’un vécu douloureux. » Il qualifie d’ailleurs son approche de thérapie existentielle. Selon lui, l’objectif du thérapeute, face à un patient souffrant d’un manque de sens, consiste notamment à faciliter la levée des obstacles l’empêchant de s’engager véritablement dans l’existence (que ce soit en s’intéressant à d’autres personnes, en s’investissant dans des idées ou des projets…). L’approche existentielle met l’accent sur un autre type de conflit fondamental, non celui relatif aux besoins pulsionnels antagonistes, ni celui qui surgit avec l’entourage important, mais un conflit qui survient lors de la confrontation de l’individu aux fondamentaux de l’existence, à certains enjeux ultimes, certaines caractéristiques intrinsèques qui participent sans échappatoire possible, de l’existence d’un individu dans le monde. La thérapie existentielle traite des thèmes de : la mort, la liberté, l’isolement fondamental et l’absence de sens. La confrontation de l’individu à chacun de ces fondamentaux nourrit la dynamique du conflit dynamique existentiel.

Psychothérapie intégrative et éclectique

La thérapie intégrative est une démarche multiréférentielle : elle intègre plusieurs thérapies. Le patient ne s’adapte plus à une thérapie que le thérapeute aurait choisie, mais c’est le thérapeute qui adapte la thérapie en utilisant divers outils pour s’adapter aux problématiques du patient.
 
Cette thérapie s’inspire de multiples courants s’appuyant sur une articulation de différents outils et de champs théoriques, parfois voisins (PNL et cognitivo-comportementale), parfois antagonistes (psychanalyse et thérapies corporelles). La démarche peut être éclectique : utiliser le bon outil au bon moment, ou bien méta-théorique : recherche des facteurs communs aux différentes psychothérapies existantes. Le plus souvent c’est une démarche combinatoire ou multiréférentielle qui est pratiquée : utilisation d’outils diversifiés autour d’une dynamique théorique décloisonnée.
 
Dans sa pratique, la psychothérapie intégrative met en place des stratégies thérapeutiques globales, variées, structurées et créatives, empruntées aux différents courants et techniques de la psychothérapie. Ces stratégies sont personnalisées et adaptées à chacun, en fonction du grand nombre de techniques disponibles. La psychothérapie intégrative est ouverte à tous les domaines de la connaissance et à toutes les pratiques thérapeutiques,  elle participe au mouvement de la médecine intégrative qui prend en compte l’importance de la psyché dans les maladies. Les effets de ces techniques utilisées conjointement sont démultipliés, ce qui place la psychothérapie intégrative parmi les thérapies brèves.
 
L’intégration de toutes les théories et techniques psychothérapeutiques est totalement illusoire tant il y en a de différentes. Modéliser une unique théorie intégrant toutes les théories existantes serait un travail aussi colossal qu’inutile. Aucun thérapeute ne pourrait apprendre et maitriser toutes les techniques, une vie n’y suffirait pas ! Il s’agit plutôt pour le thérapeute, ouvert à plusieurs théories et techniques, de se former à quelques-unes d’entre elles et de travailler à leur intégration en s’appuyant sur leurs facteurs communs afin de rester cohérent. Ainsi de nombreuses combinaisons thérapeutiques sont possibles en fonction des centres d’intérêts et de la personnalité du thérapeute.

Psychothérapie d'Inspiration psychanalytique (PIP)

La thérapie d’inspiration analytique a pour but la compréhension de l’origine du symptôme et rend l’énergie qui est immobilisée par les conflits inconscients. La relation de transfert mis en place entre le patient et le thérapeute sera la base. Elle apporte une aide concentrée sur certains conflits, la base est l’interprétation verbale proposée par le patient. Elle vise à l’explicitation des conduites et a pour but, la disparition de ces conflits. La psychothérapie analytique permet de bénéficier d’un équilibre relatif, de s’accommoder de ses particularités et cela même si elles restent marquées d’un signe névrotique ou psychotique.
 
La psychothérapie d’inspiration analytique possède une indication plus large que la cure dite psychanalytique, où dans plusieurs cas, l’analyse est contre-indiquée particulièrement en raison de la vulnérabilité du patient et de son “Moi”. L’exercice porte sur le conflit psychique du patient et repose sur la libre association d’idées, c’est à dire de se laisser aller à la libre parole, de verbaliser tout ce qui passe par la tête même si cela n’a pas de sens, de lien entre les idées y compris l’évocation de rêves. La thérapie se conclut lorsque les conflits psychiques ne sont plus un poids à porter et que la personne se sent prête à affronter le quotidien avec ses propres moyens et sans l’aide d’un thérapeute.

Psychothérapie interpersonnelle

La thérapie interpersonnelle s'attarde sur les relations actuelles du sujet « here and now ». Élaborée initialement par G. Klerman et M. Weissman lors de leurs recherches extensives sur la nature et le traitement de la dépression, elle s’appuie sur les travaux de : Meyer «Common sense psychiatry », Sullivan sur l ’étude des relations interpersonnelles, Bowlby avec la théorie de l ’attachement.

C’est une thérapie brève avec un cadre de travail précis, divisée en trois temps : phase initiale, phase intermédiaire et phase finale. Elle est centrée sur un thème précis : deuil pathologique, conflits interpersonnels, transitions difficiles, déficits interpersonnels. Elle aide à réduire les symptômes dépressifs, à augmenter l’estime de soi, à développer des stratégies efficaces dans les rapports interpersonnels de l’individu, sans intention de restructurer la personnalité de l’individu.
 
Bien que très développée et reconnue aux Etats-Unis, cette forme de thérapie est encore actuellement peu connue en France. Son efficacité est pourtant scientifiquement démontrée, tant chez l’adulte que chez l’enfant, ou l’adolescent. Cette thérapie est particulièrement efficace dans les problèmes de tristesse, pour vaincre la dépression et les troubles bipolaires (psychoses maniaco-dépressives). L’expérience montre que la dépression est souvent reliée à des problèmes liés aux relations interpersonnelles (conflits, changement de statut..). Dans le cas du trouble bipolaire, le soin passe par l’identification des situations interpersonnelles qui déséquilibrent la personne et peuvent déclencher une rechute que ce soit sur un mode dépressif ou un mode d’excitation maniaque. Dans l’ indication de bipolarité,  soigner le trouble bipolaire consistera à donner au patient des moyens de faire face à ces situations interpersonnelles  avant que le déséquilibre ne soit avéré. C’est une action avant tout préventive.

Sophrologie

La sophrologie qui a pour origine les racines grecques Soos-Phrene-Logos signifiant " science de l'esprit serein " a été initiée dans les années 60 par un neuropsychiatre, le Dr Alphonso Caycedo.

Inspirée par l'hypnose classique, des disciplines orientales telles que le yoga, le bouddhisme et le zen, la sophrologie est un ensemble de techniques et de méthodes à médiation corporelle.

Elle vise l'harmonisation du corps et de l'esprit, la conquête ou le renfort de l'équilibre entre des émotions, des pensées et des comportements. Elle permet de mieux gérer les réactions émotionnelles, de réduire le niveau général de stress, de faciliter le sommeil et d'augmenter les capacités de concentration et de mémorisation.

Cette pratique psycho-corporelle s'appuie essentiellement sur la détente physique et psychique grâce à la respiration, la prise de conscience du corps lors de la pratique d'exercices corporels et la visualisation lors de relaxations profondes induisant un état modifié de la conscience qui favorise notre équilibre et notre bien-être, active et stimule nos potentiels, souvent inconscients.

C'est une véritable pédagogie de l'existence : elle permet de renforcer la confiance et l'estime de soi, d'utiliser au mieux nos capacités physiques et psychiques, et de mieux gérer stress et émotions pour appréhender la vie d'une façon plus positive et sereine.

La sophrologie est une pratique douce et relaxante accessible à tous.

Sources

  • Choisir sa psychothérapie – Les écoles, les méthodes, les traitements - Sous la direction de : Daniel Widlöcher, Michel Marie-Cardine, Alain Braconnier, Bertrand Hanin - Odile Jacob – Avril 2006
  • Les bases de la psychothérapie - Approche intégrative et éclectique - Olivier CHAMBON et Michel MARIE-CARDINE - Editions Dunod 1999
  • Site de la Fédération Française de Psychothérapie et Psychnanalyse - www.ff2p.fr