Le courant cognitivo-comportemental

Les thérapies cognitivo-comportementales (TCC) reposent sur le postulat suivant :

L’important n’est pas ce qui nous arrive, mais la manière dont on le prend. (H. Selye).

De la même façon, nous pouvons dire que les « difficultés psychologiques » sont dues à notre façon de penser et à la perception des événements qui nous arrivent. Qu’il est possible d’apprendre à les modifier, que ces modifications vont avoir des effets bénéfiques sur nos pensées, nos comportements et les émotions qui en dépendent. (C. André)

La thérapie cognitivo-comportementale s’adresse donc d’abord aux fonctions mises en jeu par le rapport du sujet à lui-même et à son environnement, à travers la prise en compte de ses cognitions et de ses comportements verbaux et non-verbaux.

Les TCC, si l’on exclut les fondements philosophiques proches des stoïciens (Sénèque et Epictète préconisaient déjà de cultiver la sérénité par le travail sur les tensions intérieures et un rapport à la souffrance basé sur une position psychologique faite d’impassibilité, de regard critique et distancié), s’originent,  en grande partie dans le courant behavioriste avec notamment les travaux de B. F. Skinner sur le comportement opérant.

L’originalité de ces approches psychothérapiques se situe dans l’orientation de la démarche marquée par une intervention directe du psychothérapeute sur la validité du processus de pensée en jeu dans l’expression de la difficulté du sujet, et l’effet de ce processus dans tous les aspects de sa vie.

Les thérapies cognitivo-comportementales procèdent d’une structure d’intervention spécifique comprenant une analyse de la problématique selon deux axes, synchronique et diachronique. Elles considèrent ainsi, à la fois ce qui se passe au moment même de l’événement troublant, et la façon dont cet événement s’inscrit au travers du temps et de l’histoire du sujet.

Une évaluation de certains paramètres en rapport avec la problématique de la personne est faite avant, pendant, et après l’intervention thérapeutique de façon à mettre en évidence les changements cognitifs et comportementaux de l’intervention.

Une stratégie thérapeutique est élaborée à partir de ces diverses analyses, et un temps d’intervention (nombre de séances) est déterminé, notamment pour limiter l’intervention du psychothérapeute et impliquer le sujet dans son devenir thérapeutique.

Dans l’approche cognitivo-comportementale, le psychothérapeute intervient selon plusieurs axes actifs et interactifs :

  • L’interventionnisme, pour questionner, reformuler, commenter, mettre en doute certains aspects des cognitions du sujet et leur logique interne.
  • La créativité thérapeutique, pour créer des outils, des prescriptions de tâches par exemple, en fonction de la nature, de la problématique et du déroulement de la thérapie, à partir de l’observation des modifications comportementales du sujet.
  • La pédagogie, pour expliquer certains aspects fonctionnels de la pensée, certains liens entre pensées, émotions et comportements, notamment ceux des systèmes d’auto-renforcement négatifs et positifs et pour enseigner le cas échéant une façon de modifier ces pensées et ces comportements.

Le psychothérapeute intervient également sur un mode « socratique », « maïeuticien », pour faire advenir chez le sujet de nouvelles possibilités cognitives, émotionnelles et comportementales à travers l’échange relationnel.

Les thérapies cognitivo-comportementales, avec des processus très structurés, permettent de faire advenir la parole libérée du sujet, et de le rendre à l’orientation de son désir propre.