Le courant systémique

La thérapie systémique est largement issue des recherches de l’école de Palo Alto en Californie, dans les années 1950-1970 et particulièrement des travaux de Gregory Bateson, Paul Watzlawick, Don Jackson, Jay Haley, Richard Weackland, portant notamment sur la communication et le changement. Elle a également été influencée par deux grands courants de la psychanalyse : le premier étant celui de la psychanalyse d’enfant avec la prise en compte des relations familiales (Anna Freud) et le second, celui de l’orientation culturaliste de la psychanalyse post-freudienne (Fromm, Sullivan).

Cette méthode de psychothérapie est fondée sur la notion de système considéré comme un « ensemble d’éléments en interaction dans la poursuite d’une ou plusieurs finalités spécifiques ». Une cellule, une personne, une famille, une entreprise constituent autant de systèmes.

Le psychothérapeute systémique ne s’attache donc pas tant à rechercher dans l’histoire, le passé et les processus intrapsychiques du patient les causes de ses dysfonctionnements actuels, qu’à susciter un changement dans « l’ici et maintenant » étant entendu que tout changement (portant par exemple sur un comportement précis) entraîne un ensemble de modifications en chaîne.

La psychothérapie familiale, dont Mony Elkaïm est un des principaux représentants, constitue aujourd’hui une des applications les plus répandues de ces principes. La famille est considérée comme une unité, un système et le patient comme le porteur de symptômes du système familial. Il s’agit alors d’appréhender la fonction du symptôme à l’intérieur du groupe, de comprendre en quoi, notamment, il protège son équilibre global (place de chacun, répartition des rôles et des tâches, existence de sous-systèmes, frontière entre générations…).

Le processus psychothérapeutique vise à rompre avec ce « cercle vicieux ». Dans cet objectif, la psychothérapie systémique insiste donc sur l’importance des règles qui régissent les interactions des membres de la famille afin d’agir dessus pour les modifier.

Le psychothérapeute est actif et peut proposer des actions sous la forme d’injonctions thérapeutiques, de prescriptions, de tâches comportementales, de recadrages visant à agir et à modifier la perception d’une situation. Le processus se déroule sous la forme d’entretiens collectifs impliquant souvent deux thérapeutes et un nombre de séances fixé au départ.