Qu’est-ce que le stress et comment le gérer ?

Qu’est-ce que le stress ?

Le stress est un anglicisme signifiant « tension », issu du latin stringere (« mise en tension »). Ce n’est pas une émotion, mais une réponse, une adaptation du corps tout entier face à un danger réel ou supposé.

Dès que nous percevons un danger, se crée immédiatement une tension physique ou mentale. Ce sont ces tensions qui vont provoquer des émotions négatives comme la peur et l’anxiété. Et ce sont ces émotions qui vont conduire à la modification de notre physiologie par le biais des neurotransmetteurs*.

Le stress est une réponse physique et mentale à une situation de danger qui mobilise les ressources d’urgence du corps (nerveuses et hormonales) pour le rendre plus apte à combattre ou à fuir. C’est une réaction physiologique naturelle et positive du corps puisqu’elle va nous permettre de mobiliser nos ressources pour réagir.

Le seul problème, c’est qu’aujourd’hui, nous partons rarement en courant face à un danger, ou nous ne tapons pas sur tout ce qui nous énerve, et heureusement ! Du coup, comme nous ne libérons pas les tensions dans l’action, comme nous n’apportons pas la bonne réponse à notre corps, celui-ci ne comprend plus rien et le bon stress se transforme en mauvais stress chronique.

Face aux agressions de l’environnement, de façon schématique, notre corps réagit en trois temps :

  • Dans un premier temps, c’est le choc, la surprise, cela altère notre équilibre fonctionnel, sentiment flou de mal-être, si nous évitons la situation stressante, le soufflé retombe.
  • Si nous ne pouvons pas éviter, nous passons à la phase de résistance, le corps va mobiliser toutes ses ressources pour s’adapter, trouver un nouvel équilibre. Là, c’est parfois stimulant, c’est la petite montée d’adrénaline que l’on ressent et qui nous permet de réciter notre poésie devant toute la classe. Mais si la poésie est trop longue et que la peur d’échouer pointe le bout de son nez, de nouvelles tensions vont arriver et il va falloir de plus en plus d’énergie pour résister.
  • Si cela dure trop longtemps, la fatigue se pointe, il arrive un moment où l’organisme ne peut plus fournir l’effort qui lui est demandé et voilà la phase d’épuisement avec ses effets physiologiques, mais bien sûr aussi psychologiques, puisque tout est lié. A ce stade le corps est incapable de compenser les dépenses d’énergie et nos défenses immunitaires faiblissent nous rendant plus sensibles aux agressions externes. L’épuisement provient du fait que l’organisme a dû fonctionner en surrégime et que par décompensation, il fonctionne mal.
Nous ne sommes que de la physiologie

Le corps et l’esprit sont en constantes interactions. Vous n’en avez peut-être pas conscience, mais ils communiquent sans arrêt grâce aux hormones et aux neurotransmetteurs.

En l’occurrence, dans le cadre du stress, pour faire simple, nos tensions physiques ou mentales vont générer la production de cortisol, d’adrénaline et de noradrénaline au niveau de nos glandes surrénales.

Notre corps est une « machine » extrêmement bien faite !

Quand nous percevons un danger réel ou fantasmé, à travers nos sens, le cerveau envoi des informations au corps pour lui permettre de faire face à ce danger. Le rythme cardiaque va s’accélérer, la respiration devenir plus rapide, le tonus musculaire augmente pour produire l’effort nécessaire. Ainsi, nous sommes prêts, nous pouvons affronter le danger et ensuite retrouver le calme nécessaire à notre équilibre.

Alors, ou est le problème me direz-vous, puisque nous sommes capables de nous adapter à toutes les situations ?

Le problème, c’est qu’aujourd’hui, dans notre vie moderne, le danger est partout et que nous sommes trop souvent et trop longtemps en état d’alerte, sans pouvoir fuir, ni combattre en permanence. Il n’y a plus de retour à l’équilibre possible, ce qui provoque des tensions physiques ou mentales chroniques engendrant de l’anxiété et à plus long terme de la maladie par baisse du système immunitaire.

Pourquoi y a-t-il plus de danger maintenant qu’avant ?

Parce que tout va trop vite et que nous sommes sur-stimulés. Nos sens sont sans arrêt « titillés » par les pollutions visuelles, auditives, olfactives, gustatives. Notre corps n’a plus de moments de calme, de repos pour se réparer, se régénérer.

Vite la douche en planifiant la journée, vite le petit-déjeuner en écoutant la radio, vite aller au travail en envoyant des sms, vite atteindre ses objectifs et être le meilleur, vite faire les corvées en téléphonant aux amis, vite aller se coucher en pensant à la journée suivante !

J’arrête, la liste est trop longue ! Mais sachez que tous ces « vite » ne sont que du stress.

Autre point important, c’est que nous ne réagissons pas tous de la même façon au stress. Ce qui est stressant pour moi ne l’est pas forcément pour vous et vice-versa.

C’est notre façon de voir, de ressentir un événement qui le rend plus ou moins stressant. Cependant, il y a des incidents, des situations qui sont considérées comme étant stressantes en général par la plupart des individus.

Quel impact sur notre santé ?

Pour comprendre comment le stress agit sur notre santé, sans rentrer dans les détails du fonctionnement de nos systèmes immunitaire ou endocrinien qui sont extrêmement complexes, nous allons nous intéresser aux liens entre le stress et le système nerveux autonome.

Le chef d’orchestre de notre corps est le système nerveux qui contrôle et coordonne toutes les parties du corps. Il se compose du système nerveux central (encéphale et moelle épinière) et du système nerveux périphérique (les nerfs), lui-même divisé en système nerveux somatique, car il gère les fonctions automatiques du corps de manière inconsciente, telles que la respiration, le rythme cardiaque, les fonctions digestives, la tension des muscles lisses ou les réactions vasomotrices ; et le système nerveux autonome, ou végétatif ou neuro-végétatif.

Le système nerveux autonome est, lui aussi, composé de deux parties, l’orthosympathique (ou sympathique) et le parasympathique.

Pour faire simple, l’orthosympathique, c’est l’accélérateur physiologique qui gère les réactions visant à s’adapter au stress (libération des hormones du stress : cortisol, adrénaline et noradrénaline).

Le système nerveux  parasympathique, c’est le frein qui gère les mécanismes de récupération et de mise au repos, ainsi que les activités digestives et sexuelles en libérant un neurotransmetteur différent l’acétylcholine.

Lors d’un stress, d’une situation de danger, quand l’organisme se sent menacé, le système nerveux sympathique va déclencher une série de réactions physiologiques (tension musculaire, augmentation du rythme cardiaque, vasoconstriction des vaisseaux superficiels) pour se préparer à l’action (fuite ou lutte).

Lors d’une situation de calme de détente, le système nerveux parasympathique va permettre au corps de s’organiser pour gérer des activités plus essentielles comme manger, faire l’amour et permettre aux fonctions vitales de récupérer.

Le système nerveux autonome est en perpétuelle recherche d’un équilibre entre le frein et l’accélérateur pour maintenir notre homéostasie interne.

Aussi en fonction des difficultés de la vie, nous restons parfois un peu trop longtemps le pied sur l’accélérateur, empêchant notre corps de récupérer. Notre système immunitaire s’affaiblit et la maladie nous guette. Tout type de maladie, car nous sommes tous porteurs en nous de cellules pathogènes héritées de nos ancêtres ou développées par notre environnement et notre hygiène de vie. Chacun a en soi un maillon faible qui lâchera en priorité sous l’effet du stress.

Comment garder ou retrouver l’équilibre ?

Notre corps est une machine bien faite, car nous avons la capacité de retrouver notre équilibre interne par des actions volontaires. Nous pouvons appuyer sur le frein lorsque la machine s’emballe ! Et en appuyant sur le frein, nous activons la capacité d’auto-guérison de notre corps en permettant aux fonctions vitales de récupérer.

Aujourd’hui grâce aux avancées des neurosciences et de l’imagerie médicale nous comprenons de mieux en mieux le fonctionnement de notre cerveau. Nous savons qu’il se divise en trois grandes parties :

  • Le cerveau reptilien : cerveau primitif assurant les comportements et réflexes nécessaires à la survie (faim, soif, reproduction, réflexe de fuite, combat).
  • Le cerveau limbique : cerveau émotionnel gérant nos comportements en société « mammifère » (notamment les différents rituels : intimidation, affrontement, séduction, soumission, etc.).
  • Le néo cortex : cerveau intelligent permettant l’analyse, le langage, l’anticipation d’actions, la pensée abstraite.

Nous savons aussi que le cerveau communique avec le corps par l’intermédiaire du système nerveux, lui-même en interaction constante avec notre système immunitaire et notre système endocrinien. Il s’agit d’un véritable échange puisque les messages de l’un vont transformer les autres et vice-versa.

Pour résumer de façon très simpliste ce fonctionnement, nous pouvons dire que notre cerveau produit des pensées qui elles-mêmes génèrent des émotions qui vont modifier nos hormones, notre physiologie, qui à leur tour vont modifier nos pensées, puis les émotions et ainsi de suite.

Comme tout est en interaction, nous voyons que nous pouvons, pour activer notre capacité d’auto-réparation, de rééquilibrage du corps, soit agir sur nos pensées, soit sur nos émotions, soit directement sur notre physiologie.

Pour limiter le stress et prévenir la maladie, nous pouvons donc adopter une hygiène de vie globale respectueuse des liens corps / esprit, en nous efforçant par exemple à :

  • Repérer les pensées délétères pour la santé pour les remplacer par de plus saines.
  • Cultiver des émotions positives, en apprenant à vivre nos émotions, à les comprendre et les apaiser.
  • Apprendre des techniques de relaxation de façon à activer le système nerveux parasympathique.

Tout est en interaction : si le stress peut activer des neurotransmetteurs et des hormones délétères pour la santé, nous avons aussi la capacité d’activer volontairement des neurotransmetteurs et des hormones bénéfiques pour la santé !

Alors, plutôt que chercher uniquement à supprimer le stress, peut être pouvons-nous essayer aussi de cultiver les hormones et neurotransmetteurs du bien être et du bonheur. Le bonheur n’est pas seulement un état d’esprit, c’est aussi le résultat d’une démarche volontaire d’utilisation de notre cerveau pour influer sur notre physiologie.

Et comme le disait Voltaire :

j’ai décidé d’être heureux, car c’est bon pour la santé !


* Un neurotransmetteur est une substance chimique (appelée également neuromédiateur), fabriquée par l’organisme, et permettant aux cellules nerveuses (neurones) de transmettre l’influx nerveux (message), entre elles ou entre un neurone et une autre variété de cellules de l’organisme (muscles, glandes).

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