Les principales techniques de psychothérapie

les principales techniques

Classification des principales techniques ou méthodes de psychothérapie en fonction de 5 grands courants de la psychothérapie actuelle :

Analytique

Psychanalyse : (Freud, Lacan, etc.) Le client est étendu sur le divan et l’analyste est assis derrière, hors de la vue du patient – qui projette ainsi sur lui des sentiments refoulés ou inconscients, liés souvent à sa première enfance.

Psychothérapie d’inspiration psychanalytique (PIP) : (Freud, Jung, Adler, Klein, Lacan, etc.) : psychothérapie en face à face, basée sur les principes psychanalytiques (importance de l’inconscient, de la sexualité, du refoulement, des traumatismes infantiles, du transfert, etc.) mais cadre plus souple et séances moins fréquentes.

Psychosomatique : (Fain, Marty, De M’Uzan) la visée principale est d’intégrer la pathologie somatique à l’ensemble des moyens dont dispose un sujet pour réguler son homéostasie. Une part de l’excitation pulsionnelle échappe à l’élaboration mentale. Si cette énergie n’est pas suffisamment évacuée en actions ou comportements autocalmants, elle se décharge dans le corps qui somatise. Ce corpus thérapeutique et technique issu de la psychanalyse, étend son champ d’application aux maladies du corps réversibles ou non.

Humaniste – Existentiel

Analyse bioénergétique : (Lowen) qui vise à débloquer la « cuirasse corporelle ».

Analyse transactionnelle (PIP) : (Berne) l’AT analyse les transactions psychologiques et les « jeux » inconscients entre les personnes, prenant en compte leurs « états du moi » (Parent, Adulte, Enfant) et leur « scénario de vie » inconscient construit à partir de décisions prises dans le passé. Approche à la fois cognitive, émotionnelle et comportementale, l’AT vise à responsabiliser le client avec un contrat thérapeutique qui fixe les objectifs de la thérapie.

Analyse Psycho-Organique : (Boyesen) association d’une approche psychanalytique et d’un intérêt porté au corps. Cette approche prend en compte l’aspect relationnel avec le psychothérapeute (notion de transfert). Les outils d’intervention comprennent la parole, l’analyse des rêves, le travail corporel, la respiration, le mouvement et la créativité.

Art-thérapie : l’objectif est de permettre un travail thérapeutique à partir du matériel plastique et du jeu des associations d’idées, des émotions, des affects, des éprouvés amenés par ce matériel.  L’œuvre plastique est un objet de médiation considéré comme un support à la relation thérapeutique. Aucun talent artistique ni aucune habiletés particulières ne sont requis pour pouvoir bénéficier pleinement de l’art-thérapie.

Emotional Freedom Techniques (EFT) : (Craig) (littéralement : « Techniques de liberté émotionnelle») c’est une pratique psychocorporelle qui  a pour but d’alléger les souffrances émotionnelles et psychologiques des personnes. Elle se pratique par la stimulation de points situés sur le trajet des méridiens répertoriés par la médecine chinoise, d’où cette appellation de technique dite «méridienne». L’EFT vise à rétablir et éliminer les perturbations dans le système énergétique du corps en vue de transformer sa santé émotionnelle. Elle est surtout utilisée en psychothérapie et en coaching.

Gestalt-thérapie : (Perls) approche globale de l’individu selon les 5 principales dimensions de l’être : physique, affective, cognitive, sociale et spirituelle – ou, en d’autres termes, interaction permanente entre le corps, le cœur, la tête, l’environnement social et l’idéologie sous-jacente de chacun (le sens de sa vie). Travail à la fois verbal et corporel, sur le contact, ses évitements et ses ruptures et sur l’analyse de la relation actuelle avec le thérapeute.

Hypnothérapie (hypnose classique, hypnose éricksonienne, sophrothérapie) : (Milton Erickson) : travail sur les états de conscience modifiés permettant de mobiliser les souvenirs enfouis et les ressources profondes de l’inconscient. Le client demeure conscient et choisit lui-même parmi des « injonctions paradoxales ».

Programmation Neuro-Linguistique (PNL) thérapeutique : (Grinder et Bandler) recherche de « l’excellence » dans la communication par les différents canaux de contact : visuel, auditif, kinesthésique, etc. Ajustement du langage à celui de l’autre. Thérapie brève, visant surtout un changement du comportement ou la sédation d’un symptôme (phobies, etc.).

Psychodrame : (Moreno) mise en scène théâtrale de la vie du client : situations passées, actuelles ou futures (espérées ou redoutées), avec participation des membres du groupe qui tiennent les différents rôles évoqués par le protagoniste principal.

Psychologie de la motivation : (Diel) réhabilitant l’introspection et le dialogue, dans une vision évolutive, il distingue un « sur-conscient » constructif du « surmoi » répressif.

Psychosynthèse : (Assagioli) approche intégrative, issue de la psychanalytique jungienne, incluant le corps, les émotions, l’intellect et la dimension spirituelle.

Psychothérapie centrée sur la personne : (Rogers) écoute active, avec reformulation des dires du client. Le thérapeute se veut «non directif», dans une attitude d’acceptation inconditionnelle de l’autre, dans sa différence et sa singularité.

Psychothérapie interpersonnelle (TIP) : (Klerman) initialement développée pour le traitement de la dépression, c’est un traitement limité dans le temps qui encourage le patient à regagner le contrôle de son humeur et de son fonctionnement. Elle est fondée sur des principes communs en psychothérapie incluant l’établissement d’une alliance thérapeutique dans laquelle le thérapeute engage son patient de manière empathique, l’aide du patient à se sentir compris, et facilitation de l’expression de ses émotions. Elle choisit de s’intéresser au lien interpersonnel et à la façon dont on peut aider le patient à améliorer son entourage social dans le but de guérir la dépression.

Psychothérapie existentielle : (Jaspers, Husserl, Heidegger, Sartre, Binswanger, Yalom) la thérapie existentielle, contrairement au modèle Freudien ne considère pas les pulsions comme base de toutes névroses et lui substitut les enjeux ultimes que sont la mort, la liberté, la solitude et le besoin de sens. Cette façon de voir les choses met l’angoisse de mort au centre en lieu et place de la pulsion sexuelle. On peut se demander d’ailleurs si la pulsion sexuelle n’est pas une pulsion de vie qui s’oppose au processus de vieillissement et de mort. Cette angoisse de mort serait suffisamment intense pour susciter des mécanismes de défenses très forts et un déni généralisé. Ce déni expliquerait d’ailleurs pourquoi l’angoisse de mort est si souvent occultée dans les travaux de psychanalyse et de psychothérapie.

Psychothérapie transpersonnelle : (Maslow, Grof, Jung, Assogioli) considérée comme une nouvelle vague en psychologie, elle intègre les données philosophiques et pratiques des grandes traditions spirituelles (religions et chamanisme), ainsi qu’une étude approfondie des états modifiés de conscience.

Sexothérapie : (Masters, Johnson) elle part du principe que la majorité des problèmes sexuels viennent d’un mauvais conditionnement ou mauvaises habitudes que le corps a « enregistré » depuis le début des rapports sexuels, ou par la suite, pour de multiples raisons.

Sophrologie : (Caycedo) c’est une méthode psychocorporelle qui s’inspire de l’hypnose, mais également de techniques orientales comme le Yoga ou le Zen. La sophrologie plonge la personne dans un état de semi-conscience qui lui permet alors se concentrer sur un besoin bien spécifique. Elle repose sur la respiration, la détente physique et psychique, la visualisation et la pensée.

Sophia-analyse : (Mercurio) travail psychanalytique s’appuyant sur Freud et les grands courants psychanalytiques, ainsi que sur un travail existentiel inscrit dans la relation de la personne avec elle-même et l’autre, où la spiritualité et l’art de la vie se conjuguent afin de donner un sens profond à son existence.

Cognitivo-comportemental

Hypnothérapie (hypnose classique, hypnose éricksonienne, sophrothérapie).

Thérapie cognitivo-comportementale : (Pavlov, Skinner) déconditionnement progressif (ou par « immersion » plus intensive), vise essentiellement la disparition des symptômes, tels que les phobies, les troubles obsessionnels-compulsifs (TOC), certaines somatisations, etc. Thérapies souvent assez brèves. Clarification des mécanismes de défense et modifications des croyances. Exercices à reprendre à la maison, entre les séances.

Systémique

Thérapie familiale et systémique : (nombreux courants) : au lieu de traiter isolément le « patient désigné », on traite la famille dans son ensemble comme un « système » global de communications et d’habitudes. Séances collectives, souvent avec deux thérapeutes, séances en nombre limité (par exemple, 10 à 20 séances, espacées d’un mois).

Multi référentiel

Psychothérapie multi référentielle : Certaines approches éclectiques, intégratives ou multi référentielles combinent plusieurs méthodes, par ex. : AT et Gestalt, Thérapie émotionnelle et primale, Gestalt et psychodrame, psychodrame et psychanalyse, etc.

Thérapie multimodale : (Lazarus)  le choix des techniques et la séquence des interventions sont déterminés en fonction du profil du patient, établi en appliquant un modèle d’évaluation multidimensionnelle.

Psychothérapie intégrative et éclectique : (Chambon, Marie-Cardine) intégration de différentes techniques thérapeutiques s’appuyant sur les facteurs communs à toutes les psychothérapies.