Un peu plus près des étoiles

Je ne savais pas qu’il y avait autant d’étoiles dans le ciel. Autant que ça ! Si proche les unes des autres et si brillantes ! Je ne savais pas avant d’aller là-bas. Là-bas, très haut dans la montagne, au pays des Lamas.

Là-bas, c’est au Ladakh, dans le nord de l’Inde au pied de l’Himalaya. Un endroit grandiose habité par de magnifiques personnes. Un endroit ou le bonheur vibre si fort que les émotions vous emportent tout près des étoiles ! Alors, juste pour le plaisir de partager…

Je ferme les yeux et je suis là-bas

Je vois cette palette de couleurs qui s’étale sur un bleu azur d’une pureté infinie. Le blanc immaculé des sommets enneigés qui contraste avec le bleu, au-dessus. Avec le bleu, en dessous, qui devient gris et noir ou alors violet. Un violet foncé, intense, surprenant. Puis viennent les ocres, des plus foncées aux plus claires, presque blanches. Et tout en bas, là où coule la rivière, tout est vert. Différentes nuances de vert. Le vert fluo de l’orge ou le vert bouteille des peupliers. Encore le contraste entre l’aridité de la montagne où rien ne pousse et l’abondance des cultures baignées de soleil.

Je ressens sur les parties de peau découvertes, le soleil qui pique en milieu de journée. Un soleil pur qui élimine la fraîcheur du matin et du soir. Je perçois les variations de cette température qui bouge tout au long de la journée. La nuit, il fait froid et la chaleur de la couette est agréable.

J’entends le son des moulins à prières que chaque passant ne manque pas de faire tourner. J’entends les lamas et les nones réciter inlassablement les prières et les mantras de sagesse, de paix et de bonheur pour tous. Mélange des voix aiguës des femmes et graves des hommes. Les voix que le son sourd du tambour accompagne ainsi que la cloche de la connaissance et de la vacuité.

Je sens l’odeur de l’encens largement diffusé dans l’air par tous. Parfum particulier des plantes de la montagne qui se mêlent entre elles. Parfum envoûtant qui invite au calme et à l’intériorité et qui emporte avec lui les mantras dans l’univers.

J’y suis encore et je me surprends même à saliver à l’évocation des momos, raviolis de légumes variés cuits à la vapeur. Mets de fêtes partagés avec bonheur.

Je ferme les yeux et je suis là-bas

Je revois tous ces visages souriants. Des plus petits aux plus grands simplement heureux de nous dire bonjour. Ces visages ridés par la rudesse de la vie dans cette montagne si belle et si hostile à la fois. J’entends ces quelques mots échangés pour faire connaissance et partager nos différences. Je ressens encore l’amour universel et inconditionnel véhiculé lors des étreintes rassurantes dans les moments de peurs ou de doute. Nous ne nous connaissions pas et nous avons échangé tant d’amour. Là-bas, il n’y a pas de barrière. Nous nous connectons simplement et spontanément à notre humanité.

Je suis heureuse d’avoir vécu ces moments, d’avoir pris le temps de les ancrer au plus profond de moi et de les revivre maintenant. J’ai fait l’expérience de tous les sens. Et aucun mot ne peut traduire l’intensité de ces moments où nous sommes entièrement connectés aux autres, à la nature, à notre humanité. Ces moments où nous ressentons pleinement la vie à l’intérieur de nous, dans un merveilleux apaisement. Ces moments où nous faisons partie de l’univers. Si ce n’est pas le bonheur…

Je ferme les yeux et je savoure, je prends mon temps…

Tashi Delek

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