Qu’est-ce que la fatigue pandémique ?

fatigue pandémiqueL’absence de vie sociale et culturelle, les nouvelles conditions de travail, la crise économique, l’impossibilité de se projeter dans l’avenir, ont créé un nouveau syndrome : la fatigue pandémique.

Pour répondre à la lassitude et au nouvel état de fatigue lié à la pandémie qui frappe les populations, l’Organisation mondiale de la santé vient de publier un document à l’attention des gouvernements intitulé « Lassitude face à la pandémie. Remotiver la population pour prévenir la Covid-19 ». Cette fatigue que l’OMS appelle « fatigue pandémique » est définie comme « une détresse qui peut entraîner une démotivation pour suivre les comportements de protection recommandés, émergeant progressivement au fil du temps et affectée par un certain nombre d’émotions, d’expériences et de perceptions ».

Que l’OMS se souci des conséquences de la crise sanitaire sur la santé physique et psychique des individus est tout à fait positif. Qu’elle le fasse dans le but de maintenir la motivation des populations à respecter les gestes barrières et autres restrictions sanitaires, l’est un peu moins à mon humble avis. L’intérêt pour la santé globale des personnes devrait être l’unique priorité, car tout le monde va mal en ce moment !

En ce début de printemps où tous les corps doivent s’adapter, ajuster leurs fonctionnements pour passer de la lourdeur de l’hiver à la légèreté du printemps, nous sommes tous fatigués et c’est normal. À chaque fois que nous nous adaptons, et nous savons très bien le faire, à la fois sur le plan physique et sur le plan psychique, nous consommons plus d’énergie que durant les périodes routinières. Et cette surconsommation d’énergie nous fait nous sentir fatigués. C’est normal, ce n’est pas grave et ça va passer ! C’est toutes les années la même chose.

Sauf que cette année c’est un peu différent !

Cette année, la plupart d’entre nous, aborde le printemps déjà dans un état de très grande fatigue et cette transition imposée par le changement de saison est l’adaptation de trop ! Ils n’ont plus de jus, plus d’énergie et luttent pour ne pas sombrer dans une certaine forme de dépression.

L’année 2020 avec son virus, ses confinements à rebondissements, ses angoisses de morts, ses pertes de plaisir, de relations sociales, de culture, de projets, a généré de la fatigue. Tout le monde est fatigué, apathique, replié sur lui et sans envie, au bout du rouleau. Après un an, il n’y a même plus d’énergie pour râler ou manifester alors que c’était l’une de nos prérogatives françaises.  Tout le monde en a marre, tout le monde est épuisé ! Alors pour ne pas parler de dépression, mot qui peut faire peur, on nous parle de fatigue pandémique.

C’est trop long !

La surprise du premier confinement et son lot de restrictions ont plutôt été bien vécus par la majorité des personnes, hormis les personnels soignants bien sûr. Chacun a su puiser dans ses ressources pour s’adapter à cette situation même si elle était très anxiogène. Face à des situations de stress, l’être humain est tout à fait capable de s’adapter et il a toujours plus de ressources qu’il ne le croit. La première vague a même favorisé certaines prises de conscience et l’évolution de certains. Les crises ont de positif qu’elles nous permettent de sortir de nos zones de confort, de nous réinventer. L’été a vu l’allègement des restrictions et la réapparition de projets pour beaucoup. Et puis le deuxième confinement, en début d’hiver, quand ordinairement les batteries se déchargent, quand chacun dispose de moins d’énergie en stock. À nouveau, il faut s’adapter, réorganiser son quotidien, ne plus voir personne, ne plus se divertir, simplement travailler pour ceux qui ont la chance de pouvoir encore le faire.

Il faut à nouveau puiser dans nos ressources, mais là, elles sont réellement plus minces !

Et pourtant il va falloir tenir, résister à l’anxiété, aux insomnies qui en découlent, à la frustration du manque de liberté, de loisirs, à la peur du lendemain et l’impossibilité de se projeter. Et pour cela, nous grignotons petit à petit notre capital de ressources sans pouvoir refaire le plein, recharger les batteries. Alors la fatigue s’installe de plus en plus, insidieuse, elle nous fragilise chaque jour un peu plus. Beaucoup sont moroses, agressifs, déprimés, tout simplement, car c’est trop long !

Rechargez vos batteries !

Pour lutter contre ce nouveau syndrome de fatigue pandémique, l’OMS propose aux gouvernements, une liste d’actions concrètes à mettre en place afin de remotiver les populations, et notamment les jeunes, parmi lesquelles :

  • Tendre la main aux groupes de la société civile pour leur demander de trouver des moyens créatifs de motiver leurs membres et pairs.
  • Trouver des moyens créatifs de communiquer les conseils sanitaires et éviter d’en changer constamment.
  • Préparer les célébrations nationales à venir afin que les gens puissent se rassembler entre générations dans des conditions sanitaires sûres.
  • Comprendre quelles mesures peuvent être insupportables à long terme.
  • Engager la discussion dans les écoles, les universités, les maisons de retraite pour modifier ou rééquilibrer les restrictions.
  • Faire appel aux populations plutôt que les blâmer, les effrayer ou les menacer et reconnaître que chacun est partie prenante.

Toutes ces mesures si elles sont mises en place seront bénéfiques sur le plan collectif et elles doivent s’accompagner de mesures individuelles.

N’attendez pas tout de l’extérieur, reprenez votre santé en main, essayez individuellement de recharger vos batteries. Pour cela, remettez-vous en projet, des petits projets à court et moyen terme pour vous stimuler intellectuellement. Rêver, prévoir, organiser apporte du positif et de la satisfaction favorable à notre santé. Cherchez le plaisir en savourant les petits moments du quotidien, en prenant du temps pour lire, dormir, vous relaxer, bien manger, échanger à distance quelques mots avec les voisins. Investissez-vous dans des actions collectives. Marchez en pleine nature. Prenez conscience de la beauté qui vous entoure, et soyez reconnaissant de faire partie de ce grand tout qui permet la magie de la vie.

Pour sortir de cette lourde fatigue ambiante, il est nécessaire de vous remettre en mouvement physiquement et psychiquement. Pour vous aider dans cette démarche, mettez en place des rituels, des routines quotidiennes qui vous permettront de faire le plein d’énergie. Quand les batteries sont rechargées, il est beaucoup plus facile de s’adapter aux évènements extérieurs.

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Aller, soyez confiants, rien ne dure, tout est impermanent, après la pluie vient toujours le beau temps !

Prenez bien soin de vous

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